Buste d'un cheval quarter-horse, de la sculpture au tirage

Il y a quelques temps, j’ai reçu la commande d’un particulier qui me demandait de réaliser le buste de son cheval tristement disparu. Il s’agissait d’un « quarter horse », cheval très doux aux traits arrondis et à la robe caramel clair.

La personne préférant une pièce en résine plutôt qu’en bronze, je pouvais maitriser l’ouvrage entièrement dans mon atelier, de la sculpture au moulage et à la mise en couleur.
  Afin de coller au plus près du cheval à reproduire, j’ai imprimé des photos à la taille définitive de la sculpture pour reporter au compas les cotes sur l’ébauche de la pièce. Pour cette réalisation j’ai choisi de travailler avec de la plastiline de type Chavant médium qui procure un excellent toucher et permet de monter les volumes presque sans armature. Dans ce cas, un simple goujon  monté sur un plateau a suffi. De plus, la plastiline permet d’obtenir un très haut niveau de fins détails, ce qui m’a permis par exemple de tirer les mèches de la crinière sans difficulté.
 

  Au bout d’une dizaine de jours de travail et après confrontation avec le commanditaire satisfait du résultat je pus commencer à résonner le moule afin de réaliser un premier tirage en résine. Je m’étendrai davantage sur l’évolution d’une sculpture lors d’une prochaine œuvre, promis…
 
  Un tel buste demande un moulage en deux parties, ce qui reste relativement simple à mettre en œuvre. On commence par déterminer le plan de joint avec un ruban de terre à modeler grise qui sera la jonction entre les deux moitiés du moule. Les oreilles sont bien entendu détachées de l’original sculpté et moulées à part de la même façon, histoire de se faciliter la tâche. Une première face du cheval est recouverte d’élastomère silicone thixotrope pour empreinte verticale, donc qui ne coule pas, en plusieurs passes espacées d’une heure jusqu’à obtenir une couche régulière de 1.5 cm. Puis on recouvre le tout d’un matériau rigide, plâtre ou bandes plâtrées qui servira de coque et permettra au moule souple en élastomère de bien se tenir.
 
  Dans le cas présent, j’ai utilisé une résine polyuréthane chargée de chez smooth-on puisque j’en avais tout simplement sous la main. Le même traitement sera réservé à l’autre partie de la sculpture. Le moule sera définitivement scellé avec vis et écrous pour être facilement manipulable.
 
  Après ouverture du moule, ce qui se fait sans souci si l’on a bien pensé à pulvériser un agent de démoulage entre les deux parties, là où les deux chapes d’élastomère sont en contact, il ne reste plus qu’à tirer la résine de coulée. Là encore, j’ai choisi une résine blanche de type smooth-cast 320 de chez smooth-on, de très bonne qualité qui permet de réaliser une pièce quasiment sans bulle. Deux composants à mélanger en parts égales, c’est tout… J’ai versé environ ¼ du volume nécessaire dans le moule et j’ai délicatement fait tourner la résine encore liquide à l’intérieur pour bien épouser les reliefs de la paroi  interne du moule.
 
 

Après remplissage complet du moule, on laisse reposer le tout une petite heure. La résine chauffe durant son temps de prise en dégageant de vapeurs plutôt toxiques, donc, portez un masque et œuvrez dans un endroit ventilé ! Après ouverture du moule, on découvre une pièce quasi-parfaite avec seulement par endroits juste la trace du plan de joint à gratouiller. (photo 11) Si j’avais un peu plus serré la fermeture du moule j’aurais certainement obtenu encore moins de matière à faire sauter. Un second tirage me donna un résultat parfait.

 
   
  Désormais, la mise en couleur peut commencer après un nettoyage du tirage à l’eau tiède savonneuse pour bien dégraisser celui-ci. J’ai choisi un effet de céruse, réalisé directement sur la résine blanche à l’aide de pigments à l’huile étalés à la brosse puis essuyés au fur et à mesure de façon à laisser de la matière dans les creux de la sculpture. On avance doucement en renforçant les ombres de-ci, de-là avec de la terre de Sienne brûlée. Pour finir, et après séchage complet de la peinture à l’huile, ce qui peut prendre un certain temps, j’ai passé une couche de finition à la cire liquide.
 
  Si la découverte des techniques d’utilisation de ces matériaux vous séduit, je vous recommande de faire un tour sur le site de l’importateur français des produit smooth-on, Création Silicone, qui met en ligne des vidéos de prise en mains très détaillées. Je précise tout de même n’avoir aucun intéressement à la vente des matériaux cités ci-dessus ! Comme les vidéos sont bien fichues, ne nous en privons pas.
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